Une excursion fort sympathique dans l’univers de l’auteur-compositeur-interprète.

Par : Myriam Bercier
Le 12 juin 2026, date officielle du début du festival Les Francos, Émile Bilodeau présentait son concert Bill aux îles à la Cinquième salle de la Place des Arts. Une salle bien adaptée à la formule homme-orchestre du concert, où des projections visuelles et sonores entre certaines pièces invitent le public au voyage. Des interventions de Florent Vollant, Dédé Fortin, Charles de Gaulle et même la grand-mère du musicien ponctuent le spectacle, permettant aux spectateurs de se laisser porter par l’univers proposé tout en offrant à l’artiste le temps nécessaire pour reprendre son souffle ou déplacer du matériel sur la scène.

Émile Bilodeau est l’un des musiciens les plus charismatiques et attachants de sa génération. Tout au long de l’heure et demie de son spectacle, il joue avec son public, l’interpellant directement ou le faisant rire avec ses simagrées entre deux couplets. Au grand plaisir du public, l’auteur-compositeur-interprète pige dans tout son répertoire, qui ne compte pas moins de six albums en dix ans de carrière. Ainsi, Check-list (Bill aux îles, 2025) côtoie Les Daisy (Au bar des espoirs, 2023), La voix de la raison (Tout seul comme un grand, 2022), La jungle du capital (Petite nature, 2021), Candy, Freddie Mercury et Confession (toutes trois tirées de Grandeur mature, 2019) ainsi que les succès de son premier album Rites de passage (2016) comme J’en ai plein mon cass, Crise existentielle, Tu me dirais-tu et América pour ne nommer que ces chansons.

Un concert d’Émile Bilodeau n’en serait pas un sans un soupçon de discours engagé. Après un enregistrement de Florent Vollant, où il aborde l’importance de la marche pour le peuple innu, Bilodeau invite la salle à découvrir le territoire québécois et les différents peuples qui l’habitent, et recommande la lecture du livre Le peuple rieur de Serge Bouchard. Il enchaîne ensuite avec une version traduite en innu-aimun de Ça va, Mauat Tsham, qu’il interprète en marchant sur un tapis roulant.

Le moment le plus touchant de la soirée revient à l’enregistrement de sa grand-mère, qui aborde le deuil et la perte de son grand amour, Philippe Bilodeau. Cette figure joue un rôle important dans la vie du jeune artiste. En effet, la mort de son grand-père lui inspire la chanson Ça va, qui avait franchi le cap de 20 millions d’écoutes sur Spotify au moment d’écrire ces lignes.
« Merci d’être rentrés dans mes îles », lance Émile Bilodeau au terme du spectacle. Le public, qui lui réserve une troisième ovation debout, semble lui répondre : « Non, merci à toi de nous avoir accueillis dans ton safe space, rapidement devenu le nôtre. »
crédit photo : Martin Paquin








