Pink Martini nous fait chanter et danser toute la soirée

Pink Martini nous offrait un concert festif à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts dans la cadre du Festival international de jazz de Montréal, les 3 et 4 juillet 2026. Pink Martini oeuvre depuis plus de trente ans. En 2005, j’achetais leur album Hang on little tomato, principalement grâce à la photo couverture où, sur fond bleu ciel, un homme en t-shirt blanc porte à bout de bras un tout petit enfant qui sourit de bonheur. Je découvrais alors des musiciens de talent qui utilisent le langage de la musique pour établir des ponts entre les cultures, pour aplanir les différences.
En 2010, Thomas Lauderdale et China Forbes participait à l’émission Tout le monde en parle à Radio-Canada. Je me replongeais alors avec bonheur dans la musique de Pink Martini. Leur chanson emblématique Sympathique, sortie en 1997, jouait en boucle dans la voiture alors que je chantais à tue-tête « je ne veux pas travailler » en reconduisant mes enfants à la garderie, à l’école pour me rendre ensuite au boulot. C’était du soleil dans la voiture à tout coup. Pink Martini a cette capacité de mettre de la fête dans nos vies. Ils ont rempli cette mission une fois de plus en faisant vibrer la salle Wilfrid-Pelletier au gré de leur énergie folle. Pour l’interprétation de Sympathique, une trentaine de personnes du public étaient invitées à se rendre spontanément sur la scène pour chanter avec l’orchestre. C’était génial!

Thomas Lauderdale (piano), fondateur de Pink Martini en 1994, est le cerveau musical de l’ensemble. Pianiste de formation classique, il a su créer un orchestre capable de faire voyager le public à travers les styles et les langues. Ses arrangements mêlent jazz, musique latino-américaine, musique classique, chanson française et musique de cinéma. Son orchestre est composé de chanteurs et de musiciens exceptionnels. Thomas Lauderdale a partagé leur expérience professionnelle en les présentant et la qualité de ces musiciens est exceptionnelle. Ils ont tous joué avec les plus grands!
Storm Large (chant principal) assure la tournée pendant la pause de China Forbes. Elle est extraordinaire. Elle possède un grain de folie qui nous la rend complètement attachante. Cette femme est faite pour la scène, pour la rencontre avec le public. On ressent tout son plaisir de chanter pour nous. Le concert a toutefois commencé par une chanson interprétée par Jimmie Herrod (chant). Sa voix de contre-ténor, très pure et aérienne, est l’une des plus impressionnantes que je n’ai jamais entendue. La tessiture de cette voix est étonnante. Jimmie Herrod peut passer du grave à l’aigu avec une facilité remarquable.

Les autres voix entendus lors de ce concert nous ont également éblouis Timothy Nishimoto (Zundoko-bushi en japonais), Edna Vazquez (Bésame mucho à la guitare et voix) et Ari Shapiro qui nous a offert une version arabe de la chanson La Soledad intitulée Finnisma Di qui figure sur l’album Je dis oui! paru en 2016. Cette chanson n’est pas une traduction exacte des paroles de La Soledad, mais plutôt une interprétation exprimant cette nostalgie qu’éprouve l’exilé à la pensée de la terre de ses origines qu’il ne verra peut-être jamais plus. Si les textes chantés par Pink Martini sont plein d’émotions, c’est la joie qui ressort tout le temps.
Pink Martini fait danser et chanter son public dès ses premières chansons. Pour gagner une affiche signée par tous les musiciens de l’orchestre, Pink Martini nous demande de danser sur ¿Dónde Estás, Yolanda? Du parterre jusqu’au balcon, c’est Wilfrid-Pelletier qui vibre au rythme de Pink Martini! C’est complètement jouissif! Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, le concert commencé à 19h30 se terminera à 22h. Nous aurons la surprise de voir arriver sur scène Martha Wainwright, présentée par Thomas Lauderdale comme The Queen of Montreal qui interprètera entre autres, La Foule d’Édith Piaf et Kitty Come Home, une chanson écrite par sa tante Anna McGarrigle pour sa mère, Kate McGarrigle, décédée en 2010. Martha Wainwright ne s’éternisera pas parce qu’elle est attendue. Elle participe au concert de Patrick Watson sur la Place des festivals où il y avait foule… une fois de plus!

En deuxième artiste invitée, Gina Belafonte nous a fait le plaisir de sa présence. Gina Balafonte, fille de Harry Belafonte, chanteuse et activiste comme son père, nous a interprété, entre autres, Love me like a man de Bonnie Raitt et Train Song (Mbombela) composée par son père, qu’elle chante pour lui rendre hommage. Nous aurons aussi le bonheur d’entendre une autre pièce emblématique de Pink Martini, écrite en italien napolitain par Thomas Lauderdale et China Forbes: Une notte a Napoli. Bella Ciao a constitué un superbe rappel chanté par le public debout qui dansait avec plaisir, invité par l’orchestre à faire la farandole ou la chenille pour danser à travers la salle en passant derrière l’orchestre! C’était wow! Una notte a Montréal con Pink Martini è un sogno a occhi aperti.
Alors que le rêve ne s’achève, soyez à l’affût de la programmation des prochains FIJM. Il s’agit du meilleur festival jazz au monde. On est drôlement chanceux, c’est chez nous. Quant à Pink Martini, pour les suivre en tournée, cliquez ici. Nous leur souhaitons une longue vie. Ils nous procurent tellement de joie. Pink Martini est une fête!


