Repousser les limites avec brio

Par : Sara A.
Les spectacles à formule symphonique sont toujours spéciaux, et celui-ci n’a pas fait exception à la règle. Dimanche, St. Vincent, de son vrai nom Annie Clark, a présenté son spectacle symphonique de la tournée Live with Orchestra à la salle Wilfrid-Pelletier dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
Pendant une heure et demie, la chanteuse américaine a revisité son catalogue varié, offrant même aux plus grands fans des interprétations de pièces moins connues. Elle était accompagnée de son groupe de musiciens habituels et d’un orchestre montréalais conduit, pour l’occasion, par le renommé Jules Buckley.

C’est après la chanson instrumentale We Put a Pearl in the Ground que St. Vincent a fait son entrée sur scène avec d’envoûtantes interprétations de Hell Is Near et Reckless. La finale de cette dernière était particulièrement spectaculaire, mettant de l’avant le dynamisme de la voix de l’artiste et sa forte présence sur scène.
Ensuite, la section de cuivres et la voix presque sensuelle de St. Vincent brillaient sur Violent Times, une version qui donnait l’impression que la chanson était tirée d’un film de James Bond.

Il aura fallu attendre Black Rainbow pour admirer les talents de guitariste de l’icône de la musique alternative. En effet, lorsqu’on lui a remis sa guitare noire signature, l’excitation du public était palpable. Tout le monde savait que l’on s’apprêtait à voir l’une des meilleures guitaristes de tous les temps (selon le magazine Rolling Stone) à l’œuvre. C’était un moment attendu, et l’attente en valait la peine. Quel plaisir de voir une artiste si à l’aise derrière son instrument et en avoir une telle maîtrise!
Si le début du spectacle était majoritairement composé de chansons des albums Actor et All Born Screaming, Clark a pigé dans son ample répertoire pour meubler la portion du milieu. The Bed s’est suivi d’un de mes moments favoris du concert, une grandiose interprétation de Smoking Section de Masseducation. Les couches ajoutées par l’orchestre donnaient à la chanson une dimension cinématique captivante. Now, Now, Live in the Dream et The Nowhere Inn ont complété ce segment.

Outre quelques « Merci beaucoup! » lancés ici et là, une douzaine de chansons ont été jouées avant qu’Annie Clark s’adresse directement au public. Ce dernier appréciait déjà ces petites marques de reconnaissance en français, mais la chanteuse a gagné encore plus de points lorsqu’elle est allée d’un « Go Habs! » et qu’elle a ensuite ajouté « and go Victoire! ».
« Let’s have some fun! », a-t-elle finalement lancé avant d’enchaîner avec son grand succès Digital Witness, le seul morceau de son album éponyme joué ce soir-là. L’interprétation du hit a électrisé le public et marqué un tournant dans le spectacle. Cette ambiance chargée est restée pour les morceaux qui ont suivi, Los Ageless et New York, et a abouti par un bain de foule qui a amené Clark à interagir avec plusieurs spectateurs dans les premières rangées de la salle Wilfrid-Pelletier.

St. Vincent a ensuite clos le set principal avec une interprétation plus posée de Paris Is Burning et, après une courte sortie de scène, est réapparue pour un rappel. À plat ventre, elle a interprété une charmante version de Candy Darling. Puis, une fois la chanteuse sur ses deux pieds, le spectacle a pris fin sur Slow Disco.
Annie Clark a repoussé les limites en se lançant dans le projet Live in Orchestra et, avec de sublimes arrangements qui ont su rehausser sa musique, elle a frappé dans le mille . Mais cela ne devrait pas nous surprendre : c’est ce à quoi St. Vincent nous a habitués depuis le début de sa carrière.

Ruby Plume en première partie
La première partie a été assurée par l’auteure-compositrice-interprète folk Ruby Plume. Seulement accompagnée de sa guitare sèche, celle qui a expliqué être canadienne malgré qu’il s’agissait de sa toute première visite dans la métropole a offert au public montréalais une poignée de chansons originales ainsi que deux belles reprises des classiques A Case of You de Joni Mitchell et It Ain’t Me Babe de Bob Dylan.
Crédit Photo : Mattv.ca / Yagub Allahverdiyev
























