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La Dame aux camélias des Grands Ballets Canadiens

Une interprétation pleine de sensibilité d’un amour qui mène au désespoir!

Crédit photo : Sasha Onyshchenko

Par : Sylvie Tardif

Les Grands Ballets Canadiens présentaient La Dame aux camélias, ballet inspiré du roman d’Alexandre Dumas fils, dans une chorégraphie de Peter Quanz au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Nous étions à la représentation du 23 septembre dernier. Le spectacle est offert jusqu’au 27 septembre et il reste des billets. Soyez-y!

Le spectacle en deux actes comporte cinq tableaux qui commence par une narration sur laquelle les danseurs commencent à évoluer. Cette narration nous plonge au cœur d’un contexte qui appartient à une autre époque… et encore! Les courtisanes du Paris du 19e siècle évoluent probablement toujours parmi nous sous d’autres masques. L’œuvre littéraire met en scène des courtisanes qui usent de leurs charmes sans que leur cœur ne soit épris des jeunes hommes qu’elles fréquentent. L’amour semble absent des transactions au cœur de leur activité jusqu’à ce qu’elles y succombent. « Puis, quand Dieu permet l’amour à une courtisane, cet amour, qui semble d’abord un pardon, devient presque toujours pour elle un châtiment. »

Photo: Sasha Onyshchenko | Danseuse: Rachele Buriassi

Marguerite tombe donc amoureuse d’Armand, mais atteinte de tuberculose, elle sera évacuée du salon des courtisanes, éloignée d’Armand par le père de ce dernier, et mourra seule, sous les soins affectueux de sa servante, oubliée de tous. La première partie du spectacle met surtout l’emphase sur la joie, la séduction et le charme, mis en scène par des pas de deux de trois couples de danseurs qui sont superbes dans leurs costumes colorés dessinés et conçus par Anne Armit.

Photo: Sasha Onyshchenko | Danseuse: Maude Sabourin

Les camélias délicatement posés sur la chevelure des ballerines nous permettent de comprendre qu’il y a trois Marguerite et trois Armand sur scène qui dépeignent les différentes facettes du jeu amoureux. Rachele Buriassi, Anya Nesvitaylo et Maude Sabourin sont des Marguerites extraordinaires. Dans la deuxième partie, au moment du désespoir, de la mort, et de la danse funèbre qui s’en suit, elles sont d’une qualité expressive qui émeut. Esnel Ramos, Roddy Doble et Thomas Leprohon font un excellent travail dans le rôle d’Armand. Vanesa Garcia-Ribala Montoya fait une Prudence bien coquine quant à Anna Ishii, on la remarque dans son rôle d’Olympe. Le corps de ballet est solide tant en première partie qu’en seconde.

Photo: Sasha Onyshchenko | Danseuse: Anna Ishii

La pianiste, Rosalie Asselin, qui joue du début jusqu’au trois quarts de la première partie est tout simplement fabuleuse. Le choix musical est sublime. Florian Ziemen en a construit la trame à partir des oeuvres de Grażyna Bacewicz, Lili Boulanger, Louise Farrenc, Carl Maria von Weber, Fanny Mendelssohn, Kaija Saariaho, et Clara Schumann.J’aurai aimé que le spectacle soit joué entièrement au piano, mais la prestation de Rosalie Asselin était déjà extraordinaire. Ça prend des doigts bioniques pour accomplir au moins 45 minutes de jeu sans arrêt.

Les Grands Ballets Canadiens nous ont offert une performance parfaite dans un décor léger qui servait bien le propos. Il convient d’aller admirer nos danseurs qui offrent de la beauté en mouvement. J’ai déjà hâte de voir leur prochain ballet. Pour vous procurer des billets, il suffit de cliquer ici.