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Les GBS nous offrent les Songes d’une nuit d’été

Guillaume Côté frôle le sublime!

Crédit photo : Sasha Onyshchenko

Par : Sylvie Tardif

Les Grands Ballets Canadiens présentent une adaptation du Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, chorégraphiée par Guillaume Côté du 29 octobre au 1er novembre à la salle Wilfrid-Pelletier, de la Place des arts. Il reste des billets, courez-y. Le sublime n’est pas simplement ce qui est beau, c’est ce qui nous élève, nous bouleverse ou nous dépasse. Guillaume Côté réussit ce tour de force.

Le chorégraphe qui a été danseur principal et chorégraphe au Ballet national du Canada pendant plus d’une vingtaine d’années, en était à sa première collaboration avec les Grands Ballets Canadiens. Les Songes d’une nuit d’été de Guillaume Côté est l’un des rares spectacles à m’avoir impressionnée au cours des dernières années. Tout était mis en place pour que le mouvement fait beauté, frise la perfection.

Crédit photo : Sasha Onyshchenko

L’histoire adaptée est celle d’une soirée de mariage, celle d’Hermia et Démétrius, où les fiancés et leurs couples d’amis se mêlent et s’entremêlent l’espace d’une nuit, sous l’effet d’un élixir magique qui prend la forme d’une fleur de pavot géante. D’ailleurs, le programme est le carton d’invitation au mariage. Tout est pensé dans le moindre détail. Tout était absolument bien pensé.

Dans un décor de jardin magnifique, signé Micheal Gianfrancesco, où les bosquets de fleurs permettent de batifoler, les couples s’explorent les uns et les autres avec humour, sensualité, et parfois, contrariété. Les danseurs solistes sont absolument époustouflants. Kiara Felder nous offre une Maya malicieuse. Maude Sabourin est absolument solide dans son rôle de Titania. Anaïs Roy incarne la grâce dans son rôle d’Hermia.

Danseuse soliste : Aurora de Mori – Crédit photo : Sasha Onyshchenko

Les danseurs, Thomas Leprohon (Obéron), Antoine Benjamin Bertran (Démétrius) et Roddy Doble (Lysandre) sont puissants, mais l’humour incarné par le personnage d’Ethan soutenu par Célestin Boutin attire le regard dès qu’il entre en scène. Le personnage d’Helena interprété par Aurora de Mori porte également une charge humoristique bien calculée. La souplesse alliée à la force qui rendent la danse si belle étaient absolument présents chez tous les solistes, mais la grâce de Maeva Marcolini-Bowes (Clara) a retenu mon attention. Si la danse est d’une facture très classique, elle se débride au fil du spectacle.

Crédit photo : Sasha Onyshchenko

Enfin, le corps de ballet qui devient faune, créature végétale de la nuit, occupe une place sur scène qui allie mystère et puissance. Sur la musique d’Erik Satie, j’étais émue. Il y a des moments de danse qui sont tellement beaux qu’on voudrait les voir et revoir. Ce ballet en est un. Les portés de la fin du ballet sont exigeants. Il fallait des danseurs athlètes pour les réaliser. J’étais éblouie. La partition interprétée par l’Orchestre des Grands Ballets sous la direction de Dina Gilbert fait dialoguer Mendelssohn, Steve Reich, Max Richter, Johann Strauss II, Claude Debussy et la musique électroacoustique de Tommy Lunaire. C’était extraordinaire.

Les décors sont magnifiques, les costumes de Rémi Van Bochove sont sublimes, la musique choisie et l’ajout des sons organiques de Tommy Lunaire rendent l’expérience moderne, grinçante quand ça ne va plus, totalement en phase avec la narration du ballet. Les gestes des danseurs sont parfaits. Le battement des mains devenue branchage est le petit détail de plus, comme tant de petits détails de plus, qui rendent ce ballet époustouflant.

Danseurs : Maude Sabourin et Thomas Leprohon – Crédit photo : Sasha Onyshchenko

Et comme si l’atmosphère devenue étrange par l’élixir magique n’était pas suffisante, un insecte géant, une marionnette de Patrick Martel, entre en scène. La lune géante s’est scindée en quatre petites lunes, une luciole passe rapidement dans le ciel pendant que des boules de lumière attendrissent la nuit. Nous sommes en plein Songes d’une nuit d’été et on voudrait y rester encore et encore. Quel magnifique ballet! Il nous faut des supplémentaires!

Je vous encourage fortement à aller voir ce ballet, à le revoir même et à suivre la programmation des Grands Ballets Canadiens, je pense que l’année 2026-2027 des GBC nous réserve encore de belles surprises. Pour accéder à cette programmation, cliquez ici.